« Le lobbying très actif » de Moïse Katumbi durant ses deux séjours à Tel Aviv en Israël (AI)

Washington, Tel Aviv… La diplomatie très privée de Moïse Katumbi. Faisant de moins en moins mystère de son intention d’être candidat à la présidentielle de 2023, le magnat des services miniers et ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi se cherche des alliés parmi les principaux pays partenaires de la RDC. Tous soutiennent pour l’instant l’administration de Félix Tshisekedi.

Bien que son parti Ensemble pour la République fasse partie de la coalition gouvernementale, Moïse Katumbi joue une partition de plus en plus personnelle dans la perspective de l’élection présidentielle de 2023. Il a ainsi passé une partie de son été aux Etats-Unis et rencontré des diplomates chargés de la RDC au sein du Bureau des affaires africaines du département d’Etat, ainsi que plusieurs élus, tels le sénateur démocrate Christopher Coons (Delaware), et les républicains Marco Rubio (Floride) et Bill Hagerty (Tennessee). Des rendez-vous en partie arrangés par les deux lobbyistes que Moïse Katumbi emploie dans la capitale américaine depuis le printemps : Stephen Kupka (King & Spalding) et l’ancien élu républicain Ed Royce (Brownstein Hyatt Farber Schreck).

Le profil des élus qu’a rencontrés Katumbi a été choisi avec soin. Au sein de la chambre haute, Christopher Coons préside le sous-comité des affaires africaines (Ed Royce, le lobbyiste de Katumbi, est l’ancien président de ce même sous-comité). De son côté, si le sénateur Bill Hagerty n’est pas réputé pour son tropisme africain, il a œuvré dans la diplomatie sous Donald Trump comme ambassadeur au Japon, ainsi que lors des négociations avec la Corée du Nord. Son collègue républicain Marco Rubio est spécialiste pour sa part des questions liées au renseignement et au terrorisme. Il avait participé à ce titre en 2019 à un voyage en Afrique de l’Est pour évaluer la coopération américaine dans la lutte antiterroriste.

A ce jour, le lobbying actif de Katumbi n’a que peu de prise sur la politique américaine envers la RDC : le 20 juillet, le secrétaire d’Etat Antony Blinken avait renouvelé le soutien, diplomatique et financier, de l’administration Biden au président Félix Tshisekedi.

Equipe de lobbying élargie

Aux deux lobbyistes œuvrant pour Moïse Katumbi aux Etats-Unis sont récemment venus s’agréger deux autres consultants. Le premier, l’avocat autrichien Milos Ivkovic, est un spécialiste des questions d’arbitrage inscrit au barreau de New York. Ivkovic a participé à l’organisation du voyage de Katumbi à Washington cet été, même s’il n’a pas été rémunéré.

Par le biais de son lobbyiste King & Spalding, Katumbi s’est également adjoint les services d’un spécialiste des questions sécuritaires, Edwin Alan Platt, qui a travaillé pendant plus de vingt ans pour la CIA, avant de rejoindre la NSA où il a été directeur adjoint des opérations.

Détour par Israël

Outre les Etats-Unis, Moïse Katumbi s’est rendu à deux reprises ces derniers mois en Israël, autre pays clé pour la diplomatie de la RDC, qui s’apprête à resserrer ses liens avec l’Etat hébreu (l’activisme congolais du directeur du Mossad, nommé par l’ex-premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait, un temps, distendu les liens entre l’administration de Félix Tshisekedi et Tel Aviv) 

Durant ses deux séjours à Tel Aviv, Moïse Katumbi a notamment rencontré des dirigeants de plusieurs sociétés de renseignement privé et de sécurité. Dans une interview au tabloïd hébreu Yediot Aharonot, l’ex-gouverneur du Katanga a longuement mis en avant l’histoire de son père, originaire de l’île de Rhodes et de confession juive, une histoire également évoquée dans de récentes interviews avec la presse panafricaine.

 Africa Intelligence

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